Ines Leonarduzzi

PORTRAIT

Interview de la fondatrice de Digital For The Planet - l’ONG qui interpelle les puissances, pour une écologie digitale

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Convictions écologiques

Le pouvoir de l'engagement

Notre crush avec Inès, s’est faite un dimanche matin ensoleillé - une rencontre auditive, sur le podcast de Generation XX. Nous avons découvert Inès Leaonarduzzi et son ONG Digital For The Planet. Son intervention nous a fait l’effet d’une lumière puissante en plein soleil : Le digital, l’immatériel a aussi, un impact environnemental. Que chaque mail envoyé, chaque page web ouverte, nécessite de l’espace de stockage physique sur plusieurs kilomètres et consomme des quantités démesurées d’énergie. Aujourd’hui, le premier pollueur au monde ne se voit pas ! C’est le digital et son fonctionnement. Nous avons pris conscience de l’impact de chacune de nos actions à titre individuel mais aussi collective et que tout ceci modifie aussi notre planète. Impressionnées par le parcours d’Inès et ses combats - elle a aussi développé plusieurs associations en parallèle et oeuvre pour l’égalité femme / homme - elle est pour nous un exemple, une forte inspiration. Alors, quand nous l’avons contacté pour lui proposer le projet POUVOIR nous étions intimidées.. Elle nous a tout de suite répondu un grand OUI, généreux, bienveillant, solaire. Rencontre avec une femme de POUVOIR qui fait évoluer nos gouvernements, nos sociétés et les grandes industries !

On te laisse te présenter ? Quel sont les points clés de ton parcours ? 

Je m’appelle Inès, je suis passionnée par l’art, la poésie, et par l’amitié aussi. Je suis ma propre boss, comme je préside Digital For The Planet, une ONG que j’ai fondée et qui vise à inventer un numérique plus durable et plus inclusif. J’accompagne les gouvernements, les entreprises. Je me rends dans les régions de France mais aussi d’Europe et à l’étranger pour travailler avec les citoyens, aux associations locales. Et puis je suis engagée : je m’investis dans de nombreuses actions associatives, auprès des enfants notamment mais aussi auprès des femmes, à travers The Wit, une association que j’ai lancée il y a plusieurs années et que j’adore. Je fais d’autres trucs aussi, mais c’est bien de garder une part de mystère. 

"Pouvoir" est une notion ambiguë. Et pourtant pour nous, tu es une femme de pouvoir ! Te définis-tu comme tel ?

Avoir du pouvoir, c’est avant tout avoir du pouvoir sur soi, et pour soi.

Il s’agit d’oser faire ou dire quelque chose. À partir du moment où je fais quelque chose que j’ai décidé, je suis une femme de pouvoir, peu importe l’ampleur de l’action. 

Est-ce que les femmes de ton entourage t’ont montré la voie, encouragé à prendre le pouvoir ? 

J’ai toujours été très entourée par les femmes. Ma mère sans aucun doute m’a montré la voie. Quelques hommes aussi, qui ont été précieux dans ma construction de femme libre. J’ai aussi eu la chance d’avoir des amies qui m’ont inspirée, des amis garçons qui me regardaient comme si j’étais ou comme si je pouvais devenir une héroïne. Être bien entourée, il ne faut pas se mentir, ça n’a pas de prix. C’est précieux. 

QUE T'inspire la notion de pouvoir ? 

Ça m’inspire la notion de capacité, d’être capable. Pouvoir, c’est être capable de faire quelque chose. Et de fait, une méchanceté des plus sévères qu’on peut asséner à quelqu’un, c’est bien « tu es un/une incapable ». On entend souvent le pouvoir comme une chose réservée aux élites. On dit bien « les pouvoirs publics », des « pouvoirs magiques ». De fait, on tend à penser que le pouvoir est réservé aux rois, aux présidents, aux super-héros. 

On a tous le pouvoir de changer nos vies, de changer d’avis, de s’aider soi-même ou d’aider quelqu’un d’autre. On tient parfois la notion de pouvoir à distance car on pense ne pas être capable d’avoir du pouvoir. Mais en fait tout le monde en a, qu’on agisse sur un détail ou à très grande échelle. Et le pouvoir, c’est comme toute chose, ça évolue. Ça peut grandir comme ça peut diminuer. Plus on a confiance en soi, plus notre pouvoir grandit.

  

Que signifie prendre le pouvoir ? Est-ce que selon toi les femmes doivent le prendre? 

Il ne faut pas comprendre « prendre le pouvoir » dans le sens d’un soulèvement ou

d’un putsch ! À mon sens, tout le tout le monde doit prendre le pouvoir. C’est la clé de l’égalité.  Mais quel pouvoir, c’est ça la vraie question. Il me semble que le pouvoir le plus essentiel est celui qu’on a sur soi et pour soi. Le pouvoir de croire en soi, de ne pas se laisser ébranler par le qu’en dira-t-on, de ne pas s’auto-flageller quand on trébuche mais aussi le pouvoir de s’astreindre à l’exigence d’une sportive de haut niveau, s’astreindre à l’humilité et la remise en question. Tout ça, ça s’appelle le pouvoir sur soi, et peu le maitrisent. Prendre soin de soin, physiquement, mentalement, spirituellement, faire ce qu’il y a de mieux pour soi, c’est aussi déjà du pouvoir sur soi. Je ne pense pas qu’on puisse faire quoi que ce soit de bien sur le long terme si on ne fait pas déjà pour soi. 

Pourquoi selon toi beaucoup de femmes ont dû mal à se dire « femme de pouvoir »?

Parce que c’est un mot qui appartient aux hommes. Parce que les femmes ne se le sont jamais vraiment approprié. Il faut désactiver ce paramètre de nos cerveaux. 

Porteuse de projet et de valeur comment fais-tu pour lier engagement et business ? 

Je reste droite dans mes bottes. Je m’offre le luxe de refuser quelque chose si je ne le sens pas et de foncer quand j’y crois. Je reste proche des gens, de la réalité, je ne m’isole pas dans mes idées. Je sors de Paris aussi, autant que je peux. Bien que j’adore cette ville, Paris n’est pas représentative de la France. Pour rester connectée, il faut s’ancrer dans les territoires. Pour être engagée, il faut commencer par regarder autour de soi. Plus on est déconnecté de la réalité, plus l’engagement est superflu. 

As-tu déjà rencontré une situation où un tiers t’a fait comprendre que « femme » et « pouvoir » n’était pas compatible ? 

Bien-sûr, au football plus jeune. Je m’en souviens, je voulais jouer avec des garçons qui avaient investi le terrain de foot municipal. Ils ont ricané quand j’ai demandé à jouer et m’ont dit « le foot, c’est pas pour les filles ». Or, je suis une grande fan de foot. J’ai bien évidemment insisté et suis devenue centrale dans l’équipe quand ils se sont aperçus qu’aucun

d’entre eux ne savaient arrêter mes penalty et que j’étais celle qui maîtrisait le mieux le sombrero. J’ai plus tard même appris à quelques-uns à réaliser cette figure. 

   

Ça se produit encore maintenant, 15 ans plus tard : il m’est arrivé de raconter mon entreprise à des hommes. Impressionnés, ils m’ont ensuite demandé : « super, qui est le fondateur déjà ? » Quand j’ai répondu, lassée, que j’en étais la fondatrice, ils se sont empressés d’ajouter « oui mais, avec qui tu as monté ça ? ». Enfin, encore plus récemment, ma nomination au conseil d’administration a été refusée au dernier moment alors qu’elle était validée oralement. Le président du directoire s’est aperçu que j’allais donner naissance à mon enfant en même temps que la constitution du conseil. Il me l’a dit sans détour : « je ne pense pas que vous pourrez assumer les deux fonctions ». Je lui ai répondu « Que vous soyez persuadé que vous, vous ne pourriez pas assumer les deux, j’entends et le comprends. Mais vous ignorez tout de ma capacité à en assumer dix et à cloche-pied. »

La Fondation des Femmes remet au cœur du débat la notion d’argent comme un véritable pouvoir pour faire bouger les lignes et développer les actions menées par les associations. Que penses-tu de l’ambiguïté de l’association pouvoir et argent ?

Il n’y a pas d’ambiguïté. L’argent permet d’être libre. Libre d’aider les gens qu’on aime, libre de dire non, libre d’être qui on a envie d’être. Gagner de l’argent ne devrait pas être un tabou. L’argent est une composante centrale du pouvoir. Il facilite les initiatives et permet de gagner du temps, ce qui est précieux. Mais pour gagner de l’argent, beaucoup d’argent, il faut être convaincu qu’on a de la valeur. Aujourd’hui ce sont surtout les hommes qui gagnent « beaucoup » d’argent. Il faut qu’en tant que femmes, on se pose les bonnes questions. 

Pour quelle femme de pouvoir as-tu le plus d’admiration ? 

J’aime particulièrement les femmes qui œuvrent là où on ne les attend pas. Qui se fichent du qu’en dira-t-on et qui savent rire d’elles-mêmes. La première forme de pouvoir, c’est la liberté d’être. 

3 conseils pour les femmes qui veulent s’emparer et développer leurs pouvoirs

- S’entourer de gens qui leur veulent du bien et les soutiennent. 

   

- Apprendre à se faire confiance, à se détacher du regard des autres 

   

- Lire beaucoup, écouter les autres parler et être curieux pour s’inspirer.

Quel est ton pouvoir magique ? 

Aimer, pardonner facilement, passer rapidement à autre chose. 

On me dit aussi souvent que je mets les gens à l’aise. J’aime l’idée d’avoir ce pouvoir là aussi. 

L’action ou la décision dont tu es la plus fière ?

Mon autonomie. J’adore être avec les autres, rire et partager des bons moments, mais seule, je suis comme un poisson dans l’eau. Quand on fait de la solitude une amie, on a de fait un avantage sur les autres.

Retrouvez l'univers d'Ines sur :

www.digitalfortheplanet.com

@inesleonarduzzi

@thewitparis

@digitalfortheplanet

   

    

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